Les croix

 

Les croix

Les croix ont fortement marqué la vie de nos ancêtres jusqu’au début du XXe siècle. Les premières, ont été celles érigées sur les mégalithes et fontaines connus pour être des lieux de recueillement et de prière. Elles étaient le prétexte de la christianisation d’un lieu ou d’un monument, effaçant ainsi des mémoires les cultes antérieurs préchrétiens. L’époque romane a été une période importante où les croix ont prospéré ; les Templiers et les Hospitaliers ont également largement  contribué à les multiplier. On pouvait ainsi distinguer les croix de campagne marquant les limites territoriales (ecclésiastiques ou seigneuriales), de carrefour, d’habitation (sur linteaux de portes, murs, cheminées), de pèlerinage, de peste, de cimetière, ou de souvenirs.

Au XIXe siècle nous avons pu constater en France une explosion du nombre de croix. C’était en fait certainement une réaction du clergé après la Révolution pour symboliser le renouveau ! Certaines furent des créations, et d’autres simplement des remplacements de croix anciennes en bois, disparues ou fortement endommagées.

Un chemin de croix s’étendant sur l’ensemble de la commune existait autrefois ; cela peut s’expliquer par la tradition religieuse albiacoise remontant certainement à l’époque du premier prieuré. 

  Inventaire des croix albiacoises présentes ou disparues :

  • Quatre croix faisaient l’objet de processions qui démarraient de l’église :
  1. La croix du Théron, érigée en 1826 à l’entrée sud d’Albiac avant le château du bourg, 
  2. La croix d’Arcoutel, construite vers 1800 et restaurée en 2010. Anne Gabrielle Cortès d’Auliac veuve de Géraud Dufaure de Prouilhac décédé en 1793, et propriétaire du château de Lascombes, l’a fait construire sur son terrain quelques années après le décès de son mari. On peut voir que certains éléments en pierre blanche qui la composent, proviennent d’une ancienne croix de l’Hôpital-Beaulieu (1). Elle était fréquentée lors des rogations : des processions étaient encore organisées dans la première moitié du XXe siècle, entre l’église et cette croix pour implorer la pluie en période de sécheresse (2).
  3. La croix Saint Pierre en fonte à la sortie d’Albiac, date de début XIXe siècle,
  4. Et celle en bois, malheureusement disparue courant XXe siècle, située à l’intersection de l’ancienne route de Bio et de celle passant derrière la salle des fêtes, face à l’ancienne grangette du XVIIIe siècle.
  • La croix du cimetière édifiée en 1851, comprend le blason de la famille Castelnau. Cet élément architectural provient de l’Hôpital-Beaulieu (deux autres pièces identiques sont visibles au couvent de Gramat) (1).
  • Autres croix en bois, aujourd’hui disparues :

Croix de Goudounesque, d’Aygues, St Martin, Lascombes, Maison Rouge, … et trois autres dont nous pouvons deviner la localisation !

Ces croix réparties sur toute la commune constituaient ainsi le chemin de croix albiacois, pratiqué semble-t-il pour la dernière fois été 1946, pendant cette période de grande sécheresse.

Confréries établies à Albiac (3)

  • Le Saint Sacrement établie le 24 janvier 1746
  • le Rosaire le 20 octobre 1819

Processions albiacoises (3)

  • Rosaire : le 1er dimanche de chaque mois
  • Saint Sacrement : le 3ème dimanche de chaque mois, à la Fête Dieu, à l’Ascension, et pour les Rogations ; la croix de confrérie bleue visible dans le cœur à droite était utilisée lors de ces processions.

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(1) - La propriété de l’Hôpital-Beaulieu fut vendue après la Révolution, puis il s’en est suivi un certain nombre de pillages ! Voilà pourquoi on retrouve un grand nombre de superbes pierres taillées et d’éléments architecturaux remarquables appartenant à ce monument historique, dans un rayon d’une dizaine de kilomètres autour du site !

(2) – Les Rogations (« Robigaliae » chez les romains) sont des fêtes liturgiques instituées en 469 par St Mamert ; elles avaient lieu régulièrement du  lundi au mercredi avant l’Ascension, le jour de la St Marc, et à chaque fois que les paysans imploraient la pluie pour leurs récoltes.

(3) - Voir compte-rendu de la visite pastorale de 1837 (Réf. Evêché : 24-01-43a).